L’argent est un sujet tabou. Nombreux sont ceux qui se sentent mal à l’aise à l’idée de négocier une augmentation de salaire. Selon Caroline Cyr, CEO de Caroline Cyr Consultinget Vincent Mazrou, conseiller en Ressources Humaines, certaines règles sont à respecter pour augmenter considérablement ses chances d’obtenir une augmentation. Ils nous délivrent leurs meilleurs conseils pour bien se préparer. 

Informez-vous sur votre rémunération actuelle

Avant de demander une augmentation de salaire, il est important de savoir si vous êtes rémunéré à votre juste valeur. Pour cela, plusieurs moyens s’offrent à vous.

On trouve sur le Web énormément de sources nous permettant de trouver des informations salariales. La plupart des sites de recherche d’emploi proposent une fonctionnalité permettant de consulter les salaires et de comparer votre paie. C’est notamment le cas de Glassdoor, de Indeed, et même de Linkedin

Cependant, Caroline Cyr nous met en garde. Certaines de ces données ne sont pas forcément fiables sur ces sites, puisque les salaires sont indiqués par les employés eux-même. Ces informations peuvent donc être utiles pour se donner une idée, mais vous ne pouvez pas uniquement baser votre négociation sur ces données. Une des meilleures options, selon Vincent Mazrou, est de se rendre sur le site web du gouvernement. Dans la rubrique « Guichet-Emplois », vous pouvez consulter les tendances de salaire par région et par profession.

Une autre solution est de consulter son propre réseau (vos collègues, vos amis, votre famille, etc.). Cependant, assurez-vous de comparer des «pommes avec des pommes». Même s’ils sont honnêtes, Caroline insiste sur le fait que le salaire n’est pas la seule rémunération. Dans la comparaison, il faut prendre en compte tous les avantages liés à l’emploi, tels que les vacances, le système de rémunération, le système d’évaluation de performance, etc.

Pour Caroline Cyr, la meilleure façon de savoir si on est rémunéré à notre juste valeur est d’utiliser les enquêtes salariales. Réalisées par des professionnels, ces études vous fourniront des données fiables provenant directement des employeurs. Généralement destinées aux organisations publiques ou privées, ces études ont un coût élevé. Mise à part l’Enquête sur la rémunération globale au Québec, qui est mise à disposition gratuitement, il vous faudra peut être faire marcher votre réseau pour accéder à ces études sans vous ruiner.

Préparer un dossier

Le conseil ultime de Caroline pour réussir une demande d’augmentation de salaire : soyez ULTRA préparé. Pour cela, il est primordial de bâtir un dossier avec des données pertinentes. Vous pouvez notamment indiquer la valeur de votre contribution et de vos connaissances, ce que vous faisiez à votre embauche versus les tâches que vous effectuez actuellement, l’augmentation de vos responsabilités, etc. Comme nous le rappelle si bien Vincent Mazrou, les «paroles s’envolent, les écrits restent». Le dossier constitue donc un merveilleux moyen afin de regrouper ses arguments et de garder une trace de sa demande.

Rester factuel

Que ce soit dans le dossier ou lors de la négociation, nos deux professionnels en Ressources Humaines sont unanimes: il faut rester factuel. Votre salaire est déterminé en fonction de vos mérites, et non de votre vie personnelle. Ne réclamez pas une augmentation sous prétexte que vous rêvez d’acheter une voiture de sport ou parce que votre chat a encore détruit votre canapé. Parler de vos problèmes personnels ne vous aidera pas, et en plus, vous aurez l’air de quêter. 

Choisir le bon moment

Bien choisir le moment pour demander une augmentation permet de mettre plus de chances de votre côté, voire même de pouvoir espérer recevoir plus d’argent que prévu.

L’évaluation de performance, aussi appelée entretien annuel, est un des meilleurs moments pour aborder le sujet. En effet, vos supérieurs et votre département RH s’attendent à ce que vous demandiez une augmentation. Cependant, il est parfois préférable de convenir d’un autre rendez-vous afin de discuter de l’augmentation en elle-même et de développer tranquillement votre argumentation.

Certaines compagnies ont parfois «des fenêtres de rémunération», c’est-à-dire des périodes où un budget est alloué aux augmentations. N’hésitez donc pas à vous renseigner sur la politique salariale en vigueur au sein de votre entreprise auprès de votre RH ou de vos supérieurs.

D’autres moments peuvent aussi être opportuns, c’est notamment le cas si vous venez d’accomplir une mission avec brio, que vous faites face à une augmentation nette de vos responsabilités, ou encore si vous avez reçu d’autres offres d’emploi.

Opter pour une attitude conciliante

N’ayez pas une attitude combative, à travers votre négociation vous recherchez avant tout un «win-win». En plus d’être franc et raisonnable, restez courtois et professionnel. Selon Caroline Cyr, poser un ultimatum est une l’une des pires choses à faire. En plus de nuire à votre réputation et à votre image auprès de vos collaborateurs, votre patron risque surement de vous dire d’aller voir ailleurs. Gardez en tête que, ce qui importe, c’est de trouver une solution à votre problème.

Rester ouvert aux compromis

Vous ne pourrez peut-être pas obtenir l’augmentation que vous souhaitez aujourd’hui, mais un compromis vous aidera à faire un pas dans la bonne direction. Il faut donc penser aux considérations non salariales, telles que les avantages en nature, les formations, l’amélioration de conditions de travail, l’aménagement de votre emploi du temps, etc...

Ayez confiance en vous !

Le plus important lorsque l’on négocie une augmentation, c’est d’avoir confiance en soi. Si vous ne savez pas comment, sachez qu’il suffit d’adopter une posture dominante avant (ou mieux, pendant) votre rendez-vous avec votre supérieur pour augmenter votre sentiment de confiance. 

Si vous êtes convaincu d’apporter de la valeur à votre entreprise et que vous ressentez que vous n’êtes pas payé à votre juste valeur, vous n’avez absolument rien à perdre en demandant une augmentation de salaire. Vous avez tout à gagner. En effet, le pire qu’il puisse vous arriver, c’est qu’on vous dise «non». En 25 ans d’expérience, Caroline Cyr souligne qu’elle n’a jamais vu quelqu’un se faire virer pour avoir demandé une augmentation de salaire. Gardez en tête que remplacer un salarié coûte beaucoup plus cher que d’augmenter son salaire, d’autant plus qu’au Canada, on assiste à une pénurie de main-d’oeuvre.

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