Vous travaillez pour la fonction publique, mais vous envisagez de sauter la clôture pour une petite boîte privée vraiment « sur la coche » dans votre domaine ? Que faire de ce que vous avez accumulé dans le Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP) ? 

Méconnu, le CRI est un régime enregistré d’épargne-retraite particulier, dans lequel vous pouvez transférer les sommes provenant d’un régime complémentaire de retraite, c’est-à-dire un fonds de pension.

Lorsque vous quittez un employeur et décidez de placer la valeur actualisée de votre régime de retraite chez une institution financière de votre choix, vous ouvrez donc un compte de retraite immobilisé.

À qui s’adresse le CRI

Le CRI est moins connu que le REER pour la simple raison qu’on ne peut tout bonnement décider d’en ouvrir un. N’importe quel travailleur peut souscrire à un REER, mais si vous possédez un CRI, c’est que vous avez quitté un emploi où vous aviez un fonds de pension.

À moins de préférer laisser vos cotisations dans le régime choisi par votre employeur, ce fonds de pension deviendra un CRI géré par votre banque. Ce ne sont pas uniquement les emplois dans la fonction publique qui offrent des fonds de pension. Vous pouvez aussi être touché en travaillant pour une compagnie privée. 

À titre d’exemple, j’ai déjà travaillé dans une grande organisation, avec un fonds de pension. L’employeur et les employés y cotisaient moitié-moitié. Deux ou trois mois après la fin de cet emploi, j’ai reçu une lettre m’avisant de la marche à suivre pour laisser l’argent dans le régime ou en transférer la valeur actualisée dans un CRI.

Le régime m’offrait les choix suivants : un versement mensuel à partir de mes 65 ans, dont le montant m’était déjà annoncé, ou le transfert vers un véhicule comme le CRI. En restant avec eux, j’étais responsable de faire le suivi de mon dossier.

Même si c’était un régime à prestations déterminées, habituellement avantageux pour les ex-employés, j’avais peur d’oublier l’existence de cet argent et j’ai privilégié le CRI. J’aime avoir l’œil dessus et c’est un choix bien personnel. Le compte de retraite immobilisé n’est qu’une option et il appartient à chacun de prendre sa décision après discussion avec un professionnel.

CRI 101

Sous plusieurs aspects, le CRI est similaire au REER. Immobilisé, on ne peut pas y contribuer chaque année, comme on le fait avec un REER. On garde toutefois le contrôle sur l’investissement, c’est-à-dire le choix du placement. 

À moins de circonstances bien particulières, comme une invalidité, le CRI ne peut pas être retiré. Il est donc moins flexible qu’un REER. Si vous aviez un projet de retour aux études ou besoin d’un petit plus pour une mise de fonds sur une propriété, il vous faudra regarder ailleurs.

Du CRI au fonds de revenu viager (FRV)

Une personne peut détenir un CRI jusqu’au 31 décembre de l’année où elle atteint 71 ans. À cet âge, vos REER doivent être transférés dans un FERR et votre CRI dans un FRV, pour que vous puissiez recevoir un revenu de retraite. Tout comme dans le cas du FERR, un retrait annuel minimum du FRV est exigé par la loi.

Ce montant est calculé en fonction de votre âge et de la valeur du fonds en question. Un montant maximum est aussi imposé. Par exemple, avec un CRI de 100 000 $, si j’étais née en 1955, je peux retirer environ 7 200 $ (imposable) en 2021, selon le calculateur express de Retraite Québec.

L’alternative est d’utiliser l’argent du CRI pour acheter une rente viagère, qui vous assure un revenu fixe pour une longue durée, voire le reste de votre vie. Par exemple, à 65 ans, vous choisissez de contracter une rente qui vous verse 1 000 $ par mois jusqu’à votre mort.

Le prix d’achat de la rente peut varier en fonction du montant des versements que vous voulez recevoir, de leur durée et des taux d’intérêt (idéalement élevés au moment de l’achat). 

Le CRI, un instrument peu flexible, mais…

Mal-aimé pour son manque de flexibilité, une bonne dose d’ingéniosité pourrait vous faire apprécier davantage le CRI.

Il n’y a pas d’âge minimum pour transférer un CRI dans un FRV. En théorie, c’est donc possible de le faire à 40 ans, peu après avoir quitté votre emploi dans la fonction publique et avoir ouvert ce compte de retraite immobilisé.

Une fois votre argent dans un FRV, qui est un passage obligé, vous pouvez en faire ce que vous voulez, dans les limites imposées par la loi. Par exemple, vous pourriez en retirer le maximum annuel et l’envoyer vers vos REER.

En effet, la loi prévoit que vous pouvez transférer une partie de votre FRV dans un REER. Mettre ensuite le solde du FRV dans un nouveau CRI et répéter le mécanisme année après année est une stratégie pour en transférer le plus possible de manière fiscalement avantageuse.

Je n’ai pas moi-même utilisé cette stratégie, mais ça pourrait valoir la peine de vous informer auprès de votre conseiller pour savoir si elle est appropriée dans votre cas. Une fois dans votre REER, cet argent sera disponible pour un RAP, un REEP ou des retraits non plafonnés pour votre future retraite (FERR).

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