Ah comme les temps peuvent être durs en tant qu’étudiant! Le loyer, les cours, les livres… Bref, beaucoup de dépenses pour un emploi à temps partiel. Parfois, on se dit que la seule manière de joindre les deux bouts serait de créer de l’argent. Et si c’était possible? Voici trois façons de créer de l’agent pour les étudiants:

 

Prêt étudiant

Certains auront tendance à refuser le prêt étudiant s’ils jugent ne pas en avoir besoin, question d’éviter de s’endetter pour rien. Lorsqu’on y pense toutefois, il s’agit d’un prêt sans intérêt pendant au moins 3 ans. Voilà des années au cours desquelles vous pouvez faire à peu près n’importe quoi avec ces fonds sans débourser quoi que ce soit. Bien que ce ne soit pas une création d’argent au sens propre du terme, les rendements que vous irez chercher pendant vos études le seront! Qui plus est, une fois vos études complétées, les intérêts sur votre prêt seront à un taux des plus bas (comparable à une hypothèque) et ils seront déductibles d’impôt.

 

Régime Enregistré d’Épargne Retraite (REER)

Et oui le fameux REER! En quoi un régime de retraite vous permettra-t-il de créer de l’argent lors de vos études? Peu de gens le savent, mais un individu peut “emprunter” des sommes de son REER sans pénalité dans certaines circonstances. Notamment lors de l’achat d’une première propriété et lorsqu’on étudie à temps plein. Le problème est que bien peu d’étudiants disposent de sommes importantes dans un régime de retraite durant leurs études.

 

Pour remédier à la situation, il est possible d’emprunter les sommes qu’on veut déposer, en contractant un prêt REER. Maintenant, emprunter et créer de l’argent sont deux concepts bien distincts. Cela dit, en déposant de l’argent emprunté dans votre REER pour un minimum de 3 mois avant de le retirer pour “financer vos études”, vous vous retrouvez à payer un montant négligeable en intérêt (environ 100$) pour générer un remboursement d’impôt qui pourrait vous rapporter un bon 5000$. Comme tout étudiant a la possibilité de retirer 10 000$ à deux reprises, vous pourrez utiliser la même stratégie une deuxième année pour doubler votre remboursement d’impôt.

 

Ce n’est pas tout! Lorsqu’arrivera le grand jour et que vous délaisserez votre emploi à temps partiel pour entamer votre carrière professionnelle, vous voudrez probablement mettre vos nouvelles ressources financières à profit en achetant une propriété. Vous pourriez donc employer la stratégie une troisième fois (avec une cotisation maximale de 25 000$), pour augmenter le total d’argent créé à travers les remboursements d’impôt à 20 000$. Pas mal pour des sommes accumulées sans travail ni économies!

 

Toutefois, bien que je recommande fréquemment une telle stratégie à mes clients qui prévoient acheter une maison à revenus, je dois mettre en garde quiconque aurait en tête d’acheter un condo ou une maison unifamiliale. Tel que mentionné précédemment, les sommes “empruntées” de votre REER devront être remboursées dans un délai maximal de 10 ans pour les retraits en tant qu’étudiant et de 16 ans lors de l’achat de la maison. Une maison à revenu vous aidera à faire ces versements, ce qui ne sera pas le cas d’un condo. En plus de l’hypothèque, des taxes et des frais de condo, vous aurez donc 45 000$ à remettre progressivement dans votre REER.

 

En bref, chaque situation est différente et ça vaut la peine de faire le calcul!

 

Prêt investissement

Nous venons de voir qu’il est possible de «créer» de l’argent en vue d’acheter une maison. Qu’en est-il pour l’investissement? La méthode change quelque peu, mais le concept reste le même: investir l’argent de quelqu’un d’autre (en l’occurrence, la banque) en bénéficiant d’un maximum d’avantages fiscaux.

 

Les taux d’intérêts sont présentement à un plancher historique, ce qui signifie qu’il n’a jamais été aussi économique d’emprunter de l’argent. Or, avec des bonnes stratégies d’épargne et d’investissement, il est possible d’obtenir de bons rendements. En combinant ces deux énoncés sur une perspective à long terme, on réalise qu’il est possible d’emprunter des fonds à un bas taux et de les investir pour obtenir des rendements plus élevés.

 

Il est évident que les rendements varient d’une année à l’autre et que certaines années sont moins bonnes que d’autres, mais à long terme les marchés se remettent même de leurs plus vilaines chutes. Par exemple, en 2008 les marchés américains ont perdu plus de 30%, ce qui est énorme pour une année. Cela dit, ils ont gagné plus de 100% dans les 6 années suivantes. Quelqu’un qui aurait investi en 2008 aurait donc enregistré un rendement annuel moyen de 8% entre janvier 2008 et décembre 2014, malgré la crise économique.

 

En plus des taux d’intérêt historiquement bas, la mise en place d’une telle stratégie permettra de bénéficier de plusieurs avantages fiscaux. Comme ces intérêts sont déboursés en vue de générer un revenu ultérieurement, ils sont déductibles à 100%. Et bien qu’il soit possible de reporter ces déductions, il peut être pertinent de les utiliser pour un étudiant qui gagne au moins 12 000$ par année. Malgré le fait qu’un étudiant qui fait 15 000$ par année bénéficie d’un taux d’imposition plus bas que celui d’un professionnel qui en fait 100 000$, l’étudiant est mieux placé pour être admissible aux diverses subventions gouvernementales créées pour aider les moins nantis. Parmi celles-ci, une des plus connues est l’aide financière aux études (prêts et bourses).

 

La qualification aux prêts et bourses est très fragile et peut être difficile à obtenir pour un étudiant qui travaille à temps partiel. Même un étudiant admissible verra ses bourses diminuer de 20% pour tout revenu supérieur à 9000$. En déduisant les intérêts payés sur un prêt investissement au cours de l’année, un étudiant n’obtiendra donc pas uniquement son retour d’impôt (environ 30%), mais aussi des prestations gouvernementales pouvant totaliser entre 20% et 30%. Au final, un étudiant qui travaille à temps partiel et qui maximise ses déductions fiscales est donc en mesure de bénéficier d’un retour plus élevé (en pourcentage) qu’un individu avec un salaire annuel de 100 000$.

 

Pour reprendre l’exemple d’un individu qui aurait investi au début de l’année 2008, il aurait vu son argent doubler au cours des six années suivantes pour un rendement total de 73% en sept ans. À travers un prêt investissement, en supposant un taux d’intérêt moyen de 5% sur l’emprunt, ce retour aurait été de 217% en sept ans sans compter les avantages fiscaux, ou de 348% en considérant les impacts fiscaux!

 

Tout le monde désire plus d’argent. Qu’attendez-vous pour en créer?

 

Il est important de noter que tout investissement comprend des risques et que le fait d’emprunter pour investir accentue ces risques. Cette stratégie doit être adoptée à long terme uniquement et n’est pas recommandable pour tous. Une analyse des besoins et de la situation s’impose.