Tim Stobbs, de Canadian Dream Free At 45, qui figure dans le classement Hardbacon des meilleurs FIRE (financial independence, retire early/indépendance financière, retraite anticipée) blogs canadiens, est un ancien ingénieur qui a atteint ses objectifs de retraite anticipée 5 ans avant la date prévue. Et il l’a fait sans avoir recours à un frugalisme extrême, connu pour laisser un goût amer dans la bouche de nombreux critiques du FIRE. Mais comment y est-il parvenu ? Eh bien, avec beaucoup de principes fondamentaux de FIRE pour être sûr. Mais surtout, en rompant avec l’idée que ce que vous faites est ce que vous êtes.

Tim est comme tous ceux d’entre nous qui se sont déjà sentis piégés dans le funk du 9 à 5. Vous savez que vous faites ce que vous êtes censé faire, mais ça ne vous convient pas. Il doit y avoir autre chose que de regarder une horloge ad nauseam et de vivre pour le week-end. Si c’est ça la vie sur le bon chemin, Tim savait qu’il était temps de dérailler. Avec un pragmatisme terre à terre, Tim a centré sa stratégie sur la présence, l’intention et la redéfinition de votre relation avec l’argent – et surtout avec vous-même. 

Sur son blog, vous trouverez un sens pratique qui vous permettra d’approfondir vos connaissances du FIRE. Si vous vous sentez dépassé, Tim est là pour vous rassurer : la vie est ce qui se passe quand on est occupé à faire d’autres projets. Il est normal de ralentir, de pivoter et de prendre soin de soi. Rome ne s’est pas construite en un jour. 

Si vous ne savez pas trop comment vous y prendre, l’authenticité de Tim crée un espace sûr pour vous permettre de vous poser des questions difficiles : qui suis-je et qu’est-ce qui est important pour moi ? Et, en fait, c’est l’étape la plus cruciale sur le chemin du développement personnel. 

Dans une interview avec Hardbacon, Tim s’est ouvert sur son moment décisif, sur le côté émotionnel inattendu de la retraite anticipée et sur le fait que les meilleures choses de la vie sont réellement gratuites.

 

Sur votre blog, vous parlez de votre dissociation du statut d’ingénieur et du fait que vous ne vous identifiez plus à cette partie de votre vie. Mais pensez-vous que votre formation d’ingénieur vous a aidé dans votre parcours FIRE ?

Mon but initial était de prendre ma retraite à 45 ans et je l’ai dépassé en prenant ma retraite juste avant d’avoir 40 ans.  Bien que je ne me considère pas vraiment comme un ingénieur ces jours-ci, j’admets pleinement que mon esprit d’analyse m’a été très utile pour atteindre mon objectif de retraite.  Cela m’a permis de décomposer cet objectif plus vaste en une série de petites étapes qui m’ont permis de ne pas me laisser submerger par l’idée d’agir.  Ainsi, plutôt que de me demander comment épargner plusieurs centaines de milliers de dollars, je me suis concentré sur la façon d’économiser davantage le mois prochain.  Mais, de manière quelque peu ironique, j’ai toujours eu un intérêt sain pour la psychologie, ce qui était tout aussi important pour m’assurer que je profitais de ma vie tout en continuant à économiser pour le FIRE.

 

Quelle est la chose la plus surprenante que vous ayez apprise sur vous-même ?  

Qu’être heureux a souvent très peu à voir avec l’argent.  Une grande partie de votre vie peut être brillante sans avoir un énorme portefeuille.  Sortir avec des amis peut se faire à la maison avec une bouteille de vin à 10 dollars ou même une simple tasse de café.  Donc oui, planifiez votre FIRE mais gardez à l’esprit que vous devez être ravi maintenant.  Ne pensez pas que FIRE vous rendra heureux, car ce n’est pas le cas.  Il peut vous donner plus de choix mais pas vous rendre content en soi.

 

Quel a été le moment décisif qui vous a inspiré à commencer votre voyage FIRE ? 

Je me suis senti malade le dimanche avant de reprendre un travail que je détestais au début de ma vingtaine et j’ai réalisé que la vie était trop courte pour continuer à faire cela.  J’ai donc découvert le FIRE et j’ai adoré l’idée de faire du boulot une chose facultative dans ma vie.  J’ai fini par quitter cet emploi peu de temps après, mais je me suis promis de ne plus jamais me laisser haïr un métier et j’ai commencé à en apprendre davantage sur le FIRE.

 

Quelle est la chose que vous savez maintenant et que vous auriez aimé savoir avant de vous lancer dans le FIRE ? 

FIRE n’est pas une solution ou la fin du jeu.  C’est un outil.  Il vous donne le temps de réfléchir à vos choix et la flexibilité de faire ce qui vous convient le mieux.  Mais il ne vous rendra pas plus en forme, plus heureux ou plus sympathique.  Cela nécessite un travail que vous devez choisir de faire ou non.

 

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui n’a jamais investi auparavant ? Où devrait-il commencer ? Quelle est la première chose qu’elle devrait faire ? 

Commencez par épargner.  Mettez en place un retrait automatique et commencez dès maintenant !  L’investissement avec lequel vous débutez n’a pas beaucoup d’importance au début puisque vous avez si peu d’argent pour démarrer, mais si vous ne savez pas par où vous lancer, je vous recommande de lire le Couch Potato Portfolio.  Ils sont faciles à utiliser et ne demandent pas beaucoup d’efforts, ce qui vous laisse le temps d’en apprendre davantage sur les investissements et de vous engager dans des idées plus risquées (comme les actions individuelles), lorsque vous en saurez plus.

 

Pouvez-vous décrire votre portefeuille d’investissement pour nos lecteurs ? 

L’argent se trouve dans trois pots principaux.  J’ai une ancienne pension professionnelle que je ne peux pas utiliser avant mes 50 ans et qui est principalement placée dans un fonds d’investissement conservateur.  Ensuite, ma femme et moi avons tous deux des RER contenant des FNB indiciels à faible coût (fonds négociés en bourse) qui sont équilibrés entre actions et obligations (répartition 60/40).  Enfin, nous avons nos comptes CELI dans des actions à dividendes individuels qui correspondent à nos factures mensuelles (donc quelques banques, compagnies d’assurance, services publics, etc.  Dans le CELI, nous n’utilisons que les dividendes et laissons le principe intact. 

 

Pourquoi avez-vous choisi cette stratégie d’investissement spécifique ?  

J’aime les fonds indiciels parce qu’ils sont faciles à utiliser, ont des frais peu élevés et offrent un rendement raisonnable sur le long terme.  Les comptes CELI étaient nos investissements les plus risqués, mais ils se portent bien dans l’ensemble, en partie parce que nous les laissons tranquilles.  Oui, j’ai des investissements qui perdent de l’argent, mais cela est compensé par ceux qui se portent bien.  Je n’ai fait le saut sur les actions individuelles qu’après m’être habitué à pouvoir lire les rapports annuels des sociétés.  La mise en place d’un tel système demande beaucoup plus de travail, mais après, ce n’est pas trop difficile à maintenir.

 

Gérez-vous votre propre portefeuille, faites-vous appel à un robo-advisor ou un mélange des deux ?  

Nous gérons tout nous-mêmes.  Il suffit d’une quinzaine de minutes par an pour rééquilibrer les RER et je n’effectue des transactions dans le CELI qu’une fois par an environ.  C’est donc assez facile de continuer à le faire.

 

Quel courtier en placements utilisez-vous et pouvez-vous nous dire pourquoi vous l’avez choisi ? 

J’ai choisi ma banque locale pour les RER afin qu’ils soient liés à mon compte-chèques et que je puisse accéder facilement à l’argent.  Cependant, pour les CELI, nous avons choisi Questrade en raison du faible coût d’ouverture des comptes.  J’aime aussi que cet argent soit un peu moins facile d’accès, car cela m’amène à me demander si j’ai vraiment besoin de retirer de ces comptes.

 

Comment concilier le respect d’un budget et les dépenses pour des choses que vous aimez ?   

Je recommande vivement d’avoir un peu d’argent “pour le plaisir” pendant que vous épargnez pour votre retraite.  La vie est faite pour être vécue maintenant et dans le futur.  Alors oui, gardez un peu d’argent de côté pour des vacances ou une gâterie de temps en temps.  Essayez simplement de rester raisonnable.  Personnellement, je garde un petit fonds d’argent personnel de côté pour acheter ce que je veux avec (200 $/mois) et je dois donc décider si je veux ce repas au restaurant aujourd’hui ou économiser pour un nouvel ordinateur portable.  Vous pouvez avoir tout ce que vous voulez…. mais pas tout en même temps. Choisissez donc vos priorités et, en cas de doute, attendez 24 heures pour voir si vous avez toujours envie de l’acheter.

 

Comment gérez-vous les dérapages et les dépenses imprévues ? 

Les fonds d’urgence sont vos meilleurs amis lorsque la vie vous réserve des surprises.  Commencez par quelques centaines de dollars et augmentez-les jusqu’à 1 000 $, puis quelques mois de frais de subsistance.  De cette façon, une véritable urgence comme un arbre tombant sur ma voiture n’est pas un problème puisque vous pouvez utiliser vos fonds pour couvrir la franchise de votre assurance.  Ne vous faites pas avoir en pensant qu’un voyage est une urgence.  C’est presque toujours une envie.

 

Pouvez-vous nous faire part de vos trucs préférés, et les plus inattendus, pour économiser de l’argent ? 

Mon téléphone portable me coûte 14 dollars par mois. Comment ? J’ai acheté un téléphone prépayé et j’ai pris le forfait le plus basique parce que je me suis rendu compte que j’utilise presque toujours mon téléphone pour envoyer des textos aux gens.  Je les appelle rarement et je suis, la plupart du temps, dans une zone WiFi gratuite, ce qui fait que j’active rarement mes données.  Je ne savais même pas qu’un plan de téléphone cellulaire prépayé pouvait être aussi bon marché jusqu’à ce que je magasine pour un nouveau forfait, il y a environ trois ans.

 

Quelle est votre opinion sur les cartes de crédit et en utilisez-vous une ? 

Les cartes de crédit sont un outil formidable si vous respectez leur règle d’or : toujours rembourser le solde chaque mois.  Ne payez JAMAIS d’intérêts sur une carte de crédit.  Il existe tellement d’autres options, comme une ligne de crédit, qui sont beaucoup moins chères si vous devez acheter quelque chose de dispendieux.  Nous avons simplement une carte Visa de base dont les frais sont modestes (40 $ par an) et qui nous donne des points que nous utilisons pour acheter des cartes-cadeaux occasionnelles.  Nous obtenons plus de cartes-cadeaux gratuites que nous ne payons de frais, alors cela fonctionne bien pour nous.

 

Utilisez-vous d’autres outils de crédit pour améliorer votre stratégie FIRE ? 

Nous avions une hypothèque que j’avais remboursée avant de prendre ma retraite, mais nous avons conservé la ligne de crédit garantie par la maison.  Il s’agit d’une limite de 100 000 $ avec un faible taux d’intérêt que je garde au cas où quelque chose tournerait vraiment mal, comme un incendie, le bris de ma voiture. Je l’utilisais rarement avant de devenir indépendant et jamais depuis que j’ai quitté ma carrière d’ingénieur, mais c’est un bon moyen d’urgence pour couvrir une dépense inattendue. 

 

De nombreux Canadiens vivent au jour le jour. Quel conseil donneriez-vous aux gens pour qu’ils sortent de ce cycle de lutte ? 

Prenez l’habitude d’économiser quelque chose, car même un tout petit peu d’argent épargné vous donnera le temps de réfléchir à vos décisions.  5 $ par semaine, ça ne semble pas beaucoup, mais c’est un début et vous pouvez investir dans des choses comme un téléphone portable prépayé et économiser encore plus par la suite. Il y a toujours un choix et je sais que c’est VRAIMENT difficile certains jours, mais croyez-moi, avoir un peu d’épargne est un sentiment VRAIMENT agréable à avoir quand les choses vont mal dans la vie.

 

N’avez-vous jamais eu l’impression que ce mode de vie était trop difficile pour vous ? Comment l’avez-vous surmonté ? 

Vous aurez envie d’arrêter à un moment donné. Cependant, je vous suggère, plutôt que d’abandonner… de faire une pause pendant un certain temps.  Arrêtez de suivre les choses et vivez simplement la vie pendant un moment.  Souvent, une pause ne fera pas trop dérailler votre plan, car vous avez de bonnes habitudes de consommation au moment où vous avez envie d’arrêter.  Et puis, après un certain temps, vous pouvez revenir sur les rails. Peut-être, dépensez-vous un peu plus maintenant et repoussez votre objectif dans un an ou deux.  Il n’y a pas de mal à ajuster les choses parce que la vie est faite comme ça.  C’est honnêtement le cœur de tout bon plan FIRE : être flexible.

 

Pensez-vous que ce mode de vie est accessible ou réaliste pour tout le monde ? Pourquoi pensez-vous ainsi ? 

Tout le monde doit prendre sa retraite à un moment donné, donc oui, le FIRE est accessible à tous.  La date de départ dépend entièrement de vos revenus et de votre capacité d’épargne.  Plus les revenus sont élevés, plus c’est facile.  N’oubliez donc pas de chercher des moyens de gagner plus.  Ainsi, la retraite anticipée est souvent pour ceux qui ont des revenus élevés, mais il n’est pas déraisonnable pour les personnes à revenus moyens de quitter leur travail un peu plus tôt, moyennant une certaine planification.  Il s’agit simplement de voir à vos priorités.

 

Votre objectif est-il de prendre une retraite complète ou souhaitez-vous continuer à travailler d’une manière ou d’une autre ? 

J’ai trouvé un emploi “amusant” à temps partiel à la bibliothèque locale environ un an après avoir quitté ma carrière d’ingénieur.  Je trouve qu’avoir un horaire est utile pour m’aider à mieux organiser mon temps.  L’argent est juste un bonus agréable et je peux toujours partir à tout moment.  Je pense que le travail à temps partiel peut être utile à BEAUCOUP de gens. Nous sommes tellement épuisés par le travail à temps plein que nous ne réalisons pas que le boulot que vous choisissez de faire peut être agréable dans les bonnes circonstances.  Nous considérons trop souvent que le travail est un choix binaire avec le FIRE. C’est un faux choix, car il existe de nombreuses options intermédiaires, comme le travail saisonnier ou à temps partiel, qui peuvent être excellentes pour vous si elles sont entièrement facultatives.  N’écartez donc pas le travail en préretraite, faites simplement une pause pendant un certain temps et faites ensuite ce qui vous convient. 

 

Quel a été l’un des moments les plus marquants de votre parcours ?  

La décision de prendre réellement ma retraite.  C’était une décision très émotionnelle.  Les gens pensent souvent que la retraite n’est qu’une question de chiffres, mais les émotions jouent souvent un rôle tout aussi important.  Après avoir longuement réfléchi au fait de quitter ma carrière, j’avais des doutes, des sentiments de culpabilité et je me demandais si je n’étais pas simplement égoïste.  Mais après avoir fait ce choix, je me suis sentie soulagée et calme.  J’avais pris la bonne décision pour moi.

 

Votre parcours FIRE vous a-t-il changé en tant

que personne ?  

Oui, cela m’a donné le temps de réfléchir et de réaliser que j’avais l’habitude de juger les gens pour leurs choix de vie, mais maintenant je comprends que nous faisons tous du mieux que nous pouvons.  Je suis plus ouvert à l’idée d’apprendre le contexte du choix de quelqu’un d’autre et je réalise que la plupart d’entre nous n’essayent pas de ruiner leur vie. 

 

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