Mathias (nom fictif) est un col blanc de 35 ans de la Rive-Sud de Montréal. Lui et son épouse ont deux enfants de moins de 4 ans. Une famille québécoise des plus typiques pensez-vous ? Pas vraiment. Le trentenaire est déjà à la retraite !

L’adepte du mouvement FIRE (Financial Independence, Retire Early) prévoyait initialement attendre à ses quarante bougies, mais son désir de vivre sa paternité à temps plein a pris le dessus. 

« Je ne suis pas FIRE complet puisqu’il me faut collecter quelques revenus pour couvrir nos dépenses, avoue-t-il. Mais je passe pratiquement 100 % de mon temps avec mes enfants à mon plus grand bonheur ! »

À l’exception de son identité, il dévoile pratiquement tous les ingrédients de sa recette financière dans son blogue Retraite 101, que je vous invite fortement à consulter.

Informatif et inspirant, des dizaines de milliers d’abonnés suivent le parcours de l’économe radical. Il parle de ses placements comme il donne ses astuces pour économiser au quotidien. 

Or, il semblerait que malgré ses nobles intentions et son absence de prosélytisme, Mathias attire son lot de « haters » sur le web. 

Est-ce une histoire inventée ? 

Avec ses nombreux abonnés Facebook, il est un véritable influenceur FIRE. Si la plupart y voient un modèle à suivre, des sceptiques l’accusent toutefois de supercherie. 

« J’ai déjà reçu des insultes assez méchantes en message privé. Souvent, ce sont des gens qui semblent pris dans la “rat race” (course folle à la consommation). Ils sont tellement accrochés à une certaine façon de consommer que c’est difficile pour eux de croire que c’est vrai notre histoire. Ça les confronte à leurs valeurs. »

Mathias est si transparent en ligne qu’on pourrait difficilement croire que quiconque se donnerait tout ce mal pour mentir dans un blogue qui n’est pas une source de revenus. 

Est-ce un modèle pour tout le monde ?

Malgré la popularité de son blogue, Mathias ne se fait pas l’évangéliste du mouvement FIRE et concède que c’est un style de vie qui ne convient pas à toutes les personnalités et circonstances. 

« Comme beaucoup de monde, après mes études, j’étais endetté et je vivais de paye en paye. Puis j’ai rencontré mon épouse qui m’a fait comprendre que ça ne m’allait pas du tout ce mode de vie. J’ai suivi son exemple et mon changement est venu naturellement. Alors quand les gens parlent du fait qu’on doive se priver et se sacrifier, ça n’a aucun sens à mes yeux. Je n’ai pas l’impression de manquer quoi que ce soit. »

Mathias encourage cependant les opinions divergentes sur sa page Facebook. « Ça fait partie du débat et ça me pousse parfois à me remettre en question ou à m’éduquer davantage sur un sujet. »

FIRE, c’est pour les gens cheap avec une vie plate ?

Si lui et son épouse ne sont pas des adeptes des sorties au resto, ils peuvent se gâter et l’argent n’est pas l’unique facteur décisionnel. 

Mathias avoue que lui et son épouse succombent parfois à la livraison de repas. Il assure aussi qu’être FIRE ne fait pas de lui un mauvais tipeur. 

« Ça tombe bien, j’adore les promenades en forêts avec les enfants et ce genre d’activités qui ne coûtent rien. Mais si on veut aller au Zoo, on ne se retient pas non plus. »

Sa famille va même se permettre de déménager dans le Grand Nord pour quelque temps. 

« Mon épouse a eu une opportunité d’emploi là-bas. Ça va certainement nous coûter plus cher que si on restait près de Montréal, mais c’est une opportunité de découvrir une région et même une autre culture. On n’est pas FIRE pour l’argent. C’est toujours la famille qui passe en premier. »

FIRE, est-ce pour ceux qui détestent leur job ?

Lors de notre entretien Zoom, le jeune retraité me rassure qu’il aime bien le patron et les collègues qu’il laisse partir. Pour lui, être FIRE n’est pas une histoire de s’extirper d’une carrière pénible. 

C’est à la naissance de son premier enfant qu’il a décidé de planifier sa vie en fonction d’une retraite hyper hâtive. « En devenant père, c’est devenu hors de question pour moi de passer ma vie au bureau loin de ma famille. À partir de mai 2021, je serai à la retraite à temps plein pour 4 ans. »

Et si les enfants venaient à avoir des passe-temps dispendieux ?

Mathias sait que c’est un sujet qui suscite plus de débats sur sa page Facebook. Il se fait pragmatique et ne prêche pas par excès de dogmatisme. 

« Les parents d’adolescents me disent souvent que ça va coûter cher dans quelques années avec les sports et les loisirs. Je n’ai pas de boule de cristal, mais j’ai trouvé des façons de leur donner tout ce dont ils ont besoin jusqu’à présent, et je suis persuadé que j’en trouverai d’autres quand le temps viendra. On a la marge de manœuvre pour s’ajuster au besoin. »

D’ici là, il économise énormément en priorisant les achats de seconde main.

« C’est incroyable la quantité de choses à donner ou à vendre pour les enfants. Le vélo neuf à 150 $, je le retrouve en ligne l’été suivant pour 20 $. »

Est-ce que Noël passe au FIRE ?

« C’est sûr que durant les fêtes et aux anniversaires, on se différencie beaucoup des autres. On donne de notre temps ou des choses qu’on a faites nous-mêmes. Mais tous nos neveux ont un REEE à leur nom. À nos enfants, on offre un petit cadeau et on insiste auprès de nos proches sur l’importance de ne rien nous acheter. Ils vont plutôt payer des cours de natation aux enfants par exemple. »

C’est quoi la vie après FIRE ?

Mathias n’a pas l’air de quelqu’un qui a laissé tomber ses ambitions, mais plutôt de quelqu’un qui a su définir ses priorités.

« J’ai encore plein de projets en tête. Je vais les réaliser quand ça va me tenter. Je ne suis pas pressé. Pour les 4 prochaines années, tout mon focus va sur mes enfants. »


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