La volatilité des marchés depuis le début de la pandémie en a fait voir de toutes les couleurs aux investisseurs, jeunes et moins jeunes. De la baisse drastique des marchés en mars 2020, au rallye phénoménal tout au long de 2020 et 2021, l’évolution de votre portefeuille doit présenter quelques ecchymoses. Alors que le début de 2022 se voit difficile pour la majorité, surtout après une année 2021 hors pair, plusieurs se demandent s’il ne serait pas temps de vendre. Pour d’autres, on se soucie davantage de la manière de préserver toute cette appréciation de capital, sans pour autant abandonner le potentiel haussier d’une reprise sur certains titres. La solution possible : les options! Nous aborderons donc ici quelques notions de base fort utiles pour mieux comprendre cette solution. Pour ceux et celles qui veulent en savoir davantage par la suite, certaines maisons d’enseignement proposent des cours d’introduction aux options boursières.

 

Avant de plonger dans le sujet, définissons rapidement les items sur lesquels nous nous pencherons. Le plus facile est l’action boursière. L’action est en fait une infime part de l’équité de l’entreprise, qui, en théorie, augmente en valeur avec la récolte des bénéfices nets de l’entreprise en question. Les paramètres entourant le prix réel de l’action sont nombreux, toutefois, il est assez facile de circonscrire la valeur minimale d’une action pouvant être 0$. Un scénario peu enviable certes, mais possible néanmoins. De l’autre côté du spectre, la valeur maximale est, théoriquement, infinie. Il n’existe pas de maximum réel sur la valeur d’une action. Ce phénomène, mis à très grande échelle, peut être généralisé par une croissance constante de la valeur d’une action au fil du temps. Et, comme une image vaut mille mots, nous pouvons illustrer le profit potentiel et hypothétique d’une action comme étant une simple ligne droite, où elle croisera l’axe des X, exactement à votre prix d’achat. 

Du côté des options disponibles sur le marché, il y a moyen de compliquer les choses. Cependant nous allons nous en tenir à l’essentiel. Il existe des options d’achat et des options de ventes, basées sur le prix d’une action. Un investisseur se voit accorder le droit, mais non l’obligation d’exercer l’option achetée. Ces options s’offrent à différents prix d’exercice, qualifiés de strike price et d’horizon de temps ou expiration, souvent notées en termes de mois. Un investisseur qui achète une option d’achat se voit accorder le droit d’acheter l’action visée au prix déterminé dans le contrat, mais n’a aucune obligation de le faire. À l’inverse, une option de vente permet à son détenteur de vendre l’action, à un prix déterminé. Il est possible d’acheter des options, sous lesquelles l’investisseur devra payer la prime reliée, ou encore, lui-même vendre des options (qualifié de position courte, ou short en anglais) et récolter ladite prime. En vendant des options, l’investisseur empoche les primes payées par l’acheteur, mais il se retrouve maintenant en obligation face à la décision de l’acheteur. Si l’acheteur exerce son option d’achat, le vendeur a l’obligation de livrer ces actions. 

 

 

 

 

 

 

 

Le premier diagramme reflète la valeur, ou profit, d’une option longue d’achat selon le prix de l’action sous-jacente. Nous retrouvons le même diagramme pour une option de vente longue (long put) dans celui de droite. À représente la prime payée pour l’achat de l’option, B représente le prix d’exercice de l’option et C représente le breakeven ou seuil de rentabilité. 

Après ce court aperçu, qu’est-ce que des options peuvent faire concrètement dans votre portefeuille ? Une des stratégies populaires en gestion de portefeuille et, plus précisément, en stratégie de protection, est le synthetic call, ou protective put. Comme la très grande majorité des investisseurs, le but ultime est de générer de la croissance dans son portefeuille et protéger cette appréciation de valeur. En intégrant des longs puts à vos positions en portefeuille, vous le protégez de la baisse de valeur de ces titres en vous munissant d’un prix de vente minimum pour ceux-ci. Rappelons-nous que le profit potentiel d’une action est représenté par une droite croissante. À l’inverse, le long put devient rentable lorsque le prix de l’action diminue, sous le prix d’exercice de votre option.

 

Illustrons la relation des 2 outils financiers combinés, cette fois-ci chiffrés. Un investisseur aurait acheté une action pour 30$ il y a quelque temps, et se transige maintenant à 35$. Cet investisseur anticipe un recul important du marché dans les semaines à venir et désire protéger la valeur de cette action. Il prend donc une option longue de vente avec prix d’exercice de 33$ qui vient à expiration dans 3 mois et paie la prime reliée de 2.00$. Dans le scénario où la baisse anticipée ne se réalise pas dans les 3 mois, l’option vient à échéance sans être exercée, et l’investisseur aura perdu la prime payée de 2.00$, et conservera son action. Dans le cas où la baisse se réalise et que le prix descend sous le prix d’exercice de 33$, il exercera son option de vente et vendra son action à 33$ (rappelons-nous que l’acheteur a le droit d’exercer, alors que le vendeur de l’option a l’obligation découlant du choix de l’acheteur.) Dans ce cas-ci, malgré l’approximation du diagramme, l’investisseur aura fait un gain de 1.00$ en se protégeant contre la baisse, soit un coût initial de 30$, une prime payée de 2.00$ et exercera son option de vendre à 33$ si le cours diminue en deçà de ce seuil.

Il s’agit ici d’une illustration très brève du fonctionnement d’un type d’action pour se protéger de baisses anticipées du marché. Un des avantages est que cette stratégie procure une protection (d’où son nom, protective put) sur le titre ciblé. L’investisseur peut s’assurer un profit, ou un prix minimal de vente, dans le cas où les marchés subiraient un recul. Il existe cependant quelques inconvénients à utiliser les options. Les contrats d’options se font habituellement sur 100 actions. Un seul contrat d’option veut donc dire que l’investisseur vendra (ou achètera, selon la stratégie) 100 actions. Un second inconvénient est que, malgré la logique derrière ces outils financiers, beaucoup de variables sont imbriquées dans une option et feront fluctuer prix et valeur; le délai d’expiration, la volatilité des marchés, le sous-jacent, le prix d’exercice, le versement de dividendes ou non et j’en passe. 

En réalité, ce qu’un investisseur averti devrait faire est de s’éduquer sur les options