Jim Slater a marqué l’imaginaire du grand public grâce à ses talents de vulgarisateur des marchés boursiers exposés dans son livre The Zulu Principle et ses chroniques publiées dans le Daily Telegraph. L’investisseur britannique, qui appartient à l’école des investisseurs axés sur la croissance, au même titre que Philip Fisher et Peter Lynch, a fait fortune grâce à un principe très simple : investir dans des secteurs qu’ils connaissaient sur le bout des doigts. 

Jim Slater, un exemple de réussite

Jim Slater estime que les entreprises dont la croissance est supérieure à la moyenne du marché sont les meilleurs investissements dans la mesure où les entreprises ont bien été choisies.

Les entreprises dites de croissances sont celles qui enregistrent une forte croissante des revenues et des bénéfices année après année.

D’abord comptable, Jim Slater a occupé des postes de direction dans diverses entreprises avant de fonder sa propre banque d’investissement Slater Walker Securities en 1964. Même si la société connaîtra un succès, puisque valorisé jusqu’à 200 millions de livres sterling à son apogée, Slater Walker Securities s’est effondré lors de la crise financière de 1974.

Ce coup dur et les sérieuses conséquences financières associées ne suffiront pas cependant à abattre l’investisseur, que plusieurs considèrent aujourd’hui comme l’un des meilleurs investisseurs du 20e siècle.

Slater se fait connaître au travers d’une chronique sur les marchés boursiers qu’il rédige pour le compte du journal londonien The Sunday Telegraph. Il oriente ses recommandations en matière de placement sur les petites entreprises à croissance rapide et à prix raisonnable. Les conseils de Jim s’avèrent être un véritable succès, le portefeuille qu’il propose enregistre une performance haussière de 68,9% entre 1963 et 1965 alors que le marché britannique ne progressait que de 3,6% sur la même période.

C’est en 1990 qu’il publie The Zulu Principle, le livre dans lequel il révèle sa stratégie d’investissement. Ce livre marquera sa carrière et reste jusqu’à aujourd’hui un livre de référence en matière d’investissement.

Les principes d’investissements Zulu

Si vous vous demandez d’où vient ce drôle de titre, voici son origine. L’épouse de Jim Slater a rapidement développé une expertise sur les Zoulous, un peuple africain, après être tombée sur un article sur le sujet dans le magazine Reader’s Digest. Jim Slater a ainsi nommé son livre de la sorte, pour rappeler qu’il est possible de devenir un expert dans la mesure où on concentre ses efforts sur une industrie ou une entreprise spécifique. Toutefois, l’approche Zulu ne se résume pas à un seul principe.

Parmi les critères mis de l’avant par Jim Slater dans son livre pour sélectionner un titre boursier, voici les plus importants :

1. Le ratio cours/bénéfice/croissance (PEG)

Cet indicateur est de loin le plus important et le plus populaire de l’approche de Slater. Le ratio cours/bénéfice/croissance ou Price/Earnings-to-Growth (PEG) en anglais, est calculé en divisant le ratio cours/bénéfice par le taux de croissance attendu du bénéfice net. Il permet d’identifier les actions avec une prévision de forte croissance des bénéfices et dont la valorisation boursière est faible par rapport à ces prévisions. Le ratio PEG est un chiffre très pratique pour repérer les bonnes affaires sur les actions de croissance.

Jim Slater considère qu’un PEG de 1 signifie que l’entreprise en question est évaluée à sa juste valeur. Un PEG supérieur à 1 indique que l’entreprise est trop chère par rapport aux attentes des futurs bénéfices. Un PEG inférieur à 1 est en revanche une indication que l’entreprise et sous-évaluée. C’est ainsi dans les entreprises dont le PEG est inférieur à 1 que Jim aime investir.

2. Des profits constants et des profits croissants

Un deuxième critère très important aux yeux de Jim Slater est la profitabilité au fil des années des entreprises. Pour que Jim Slater mise sur une entreprise, celle-ci doit avoir au moins réalisé cinq années consécutives rentables et avoir enregistré une croissance des bénéfices. Le résultat net par action est un bon indicateur de la profitabilité d’une entreprise. Jim Slater recommande d’investir dans les actions dont le résultat net par action est positif et durablement croissant sur les cinq dernières années.

3. Avantage concurrentiel

La rentabilité des capitaux investis est un très bon indicateur pour comparer l’efficacité et la rentabilité de plusieurs entreprises. La rentabilité des capitaux investis est calculée en divisant le résultat avant bénéfices et impôts par les capitaux investis qui correspondent aux capitaux propres plus les dettes. Un bon avantage concurrentiel se traduit généralement par une rentabilité élevée des capitaux investis supérieure à 12%.

Jim Slater: le mot de la fin

L’approche d’investissement développé par Jim Slater dans son ouvrage The Zulu principles s’est avérée très rentable au fil des années et n’a fait qu’augmenter la popularité de cet investisseur. Nous avons dressé dans cet article les grandes lignes de son approche et j’espère que vous en feraient bon usage sur Wall Street. Si vous vous reconnaissez dans la philosophie d’investissement de Jim Slater, je vous invite faire notre quiz Quel investisseur célèbre êtes-vous?, que pouvez retrouver ci-dessous: