Le meilleur moyen pour perdre de l’argent rapidement en tant qu’investisseur autonome est d’investir dans des entreprises qu’on ne comprend pas. La complexité de l’entreprise, notre champ d’expertise et notre désir de pousser plus loin l’analyse de l’entreprise sont autant de facteurs qui devraient peser dans la balance quand vient le temps de choisir un titre dans lequel investir.

 

La complexité de l’entreprise sera inversement proportionnelle à la proximité de celle-ci de notre champ d’expertise. Qu’à cela tienne, aussi complexe soit-elle, je crois que si on le désire vraiment et que l’on prend le temps, nous pouvons comprendre toutes les entreprises. Mais notre temps est limité et il y a une infinité de compagnies disponibles pour analyse. Nous ne pouvons donc pas approfondir chacune d’entre-elles. C’est donc une bonne idée de se concentrer sur celles que nous pouvons facilement et rapidement comprendre.

 

Par exemple, en tant qu’ingénieur en aérospatiale, le domaine minier avec ses explorations, ses carottes et sa science de composition du sol est très loin de moi. Ça me fait penser à une compagnie dans laquelle j’ai spéculé: Sirios Ressources. Cette compagnie fait de l’exploration minière à la Baie James. Elle sort quelques fois par année les résultats des échantillons de prospection qu’elle fait et devinez quoi? Je n’ai aucune espèce d’idée de ce que veulent dire les résultats et quel impact ils peuvent avoir sur le titre ou sur le futur de l’entreprise. Du coup, la compagnie pourrait annoncer presque n’importe quoi et je ne saurais jamais réellement si c’est une bonne nouvelle ou non. Dans ce cas-ci, l’action n’a fait que plonger depuis que je l’ai acheté et je ne peux même pas dire si c’est à cause des résultats de leurs échantillons (qui aux premiers coups d’œil ne me semblent pas trop mauvais) ou à cause de l’entreprise elle-même ou à cause de la variation du prix de l’or. Du coup, pour revenir à mon premier texte qui portait sur la spéculation boursière, ceci était réellement de la spéculation.  

 

Outre la complexité du domaine, il y a la complexité de l’entreprise elle-même dont General Electric est l’exemple type. Cette compagnie s’est tellement diversifiée (moteurs d’avions, turbines, finance, appareils électroménagers, éclairages, etc.) qu’elle devient difficile à saisir et qu’il est littéralement impossible de comprendre comment les facteurs externes peuvent impacter l’entreprise.

 

Dans les années 80-90, il y avait une tendance à se diversifier outrageusement, mais la tendance est à l’inverse depuis quelques années. On vise aujourd’hui à se simplifier à sa plus simple expression ou à son modèle d’affaires principal. Google en est un autre exemple. Il devenait difficile de comprendre leur modèle, alors, ils ont créé l’entité Alphabet, qui permet de clarifier le rôle de chacune des unités d’affaires. Un autre exemple est Canadian National, une entreprise ferroviaire. Mais qu’est-ce qu’elle faisait dans l’hôtellerie avec la chaîne hôtelière Fairmont? Ils s’en sont séparés. Il y a donc cette tendance à se simplifier. Ça facilite beaucoup la vie de l’investisseur.

 

Pourquoi réellement prendre le temps de bien comprendre l’entreprise dans laquelle nous voulons investir? Premièrement, ça nous permet d’évaluer son risque. Ce risque nous permettra de mieux évaluer les hypothèses de rendements futurs. Ça nous permet aussi de comprendre sa stratégie d’affaires qui nous aiguillera sur les ratios financiers pertinents à regarder. De plus, comprendre l’entreprise nous permet d’évaluer l’impact de ce qui se passe dans le monde, dans le marché ou bien dans l’entreprise sur ses rendements futurs et sur le risque de perdre notre argent si durement gagné.  

 

Cette connaissance de l’entreprise passe principalement par une évaluation interne de l’entreprise (ses forces et ses faiblesses), une évaluation de l’industrie dans laquelle elle évolue et, finalement, par les facteurs externes à l’entreprise.

 

Ce que je me propose de faire dans mes prochains articles, c’est de prendre une entreprise et de faire cette analyse de l’environnement interne et externe. Dans mon prochain article, je vais me pencher sur Dollarama, car c’est une entreprise relativement simple: tout le monde y est déjà allé. Le titre, après de belles performances depuis plusieurs années, s’essouffle et tout le monde dit qu’il est surévalué. Ensemble, nous essayerons de nous en convaincre ou de réfuter cette affirmation.

 

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