Un jour, Albert Einstein a dit : « La théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c’est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi. »

Quand ils ne sont pas dans leurs livres, nos futurs analystes financiers peuvent se faire les dents sur du réel, de vrais titres qui fluctuent dans un véritable marché influencé par les soubresauts de notre trouble planète.

David Bezeau
William St-Pierre

À l’Université Laval, un groupe de jeunes passionnés des chiffres en évolution s’active autour du Fonds Alpha. Ceux-ci sont bien contents quand on leur propose de mettre un projecteur sur ce  fonds peu connu du public, mais qui existe quand même depuis le milieu des années 80.

Le Fonds Alpha relève de l’Association étudiante de la Faculté des sciences de l’administration (FSA). « Il est géré pour des étudiants et par des étudiants », lance fièrement son président David Bezeau.

« Nous offrons la chance aux membres de la Faculté d’investir leur épargne sans aucuns frais de gestion. Ainsi, c’est ce qui nous différencie d’une institution financière. Les étudiants peuvent ensuite retirer l’argent investi et obtiennent 100% des gains réalisés. »

« Le Fonds Alpha est également très impliqué dans le monde associatif de la FSA et organise plusieurs événements ayant pour but de promouvoir la finance aux étudiants de l’Université Laval. »

Le portefeuille contient actuellement une vingtaine de titres. Jamais plus d’une quarantaine. On se concentre sur les valeurs abonnées à la stabilité et à la bonne réputation, enchaîne William Saint-Pierre, l’un des gestionnaires.

Des noms d’entreprises variées comme CAE, Alibaba Group, Walt Disney Company et Medical properties trust apparaissent à la liste des actions. Et Berkshire Hathaway, du grand Warren Buffet!

La valeur liquidative du portefeuille se situe à 229 190, 14 $, pour 11 633 actions émises et payées.

« Notre approche est celle du bottom up. L’analyse de l’action prime sur l’analyse du marché», mentionne le jeune homme étudiant en finance. « Nous nous concentrons sur les valeurs sûres, les actions de sociétés cotées de grande qualité pendant des années, celles qu’on appelle les blue chips. Notre investissement se fait sur le long terme. »

« Nous sommes encadrés par une équipe de spécialistes qui vont nous challenger sur nos décisions : pourquoi avez-vous gardé tel titre? Pourquoi ne pas avoir vendu un tel ? Nous devons analyser nos choix. Il y a un travail rigoureux derrière chaque prise de position. »

Le Fonds Alpha compte une équipe de deux gestionnaires de portefeuille, une analyste en chef ainsi que de cinq à dix analystes afin d’effectuer  la gestion du portefeuille. L’équipe comprend des étudiants de tous les niveaux soit de la première année de baccalauréat à la dernière année de maîtrise en finance. Le travail de l’équipe consiste à évaluer les titres existants du portefeuille et analyser de nouvelles entreprises qui pourraient être ajoutées au sein du Fonds Alpha.

De plus, l’équipe a accès à des outils utilisés par les professionnels, tels qu’une salle des marchés munie de terminaux Bloomberg, accessible gratuitement à tous les étudiants de la FSA. 

La pondération doit être revue périodiquement, selon l’évolution des titres dans le portefeuille, dit-il. On vise les sept secteurs d’activités du Global Industry Classification Standard (GICS), histoire que le bouquet d’actions soit diversifié. On veut que la répartition des titres soit égale entre les devises américaines et canadiennes. 

Les entreprises québécoises ne sont pas privilégiées

Quand vient le temps de la pondération, on vise un maximum de 10 % par titre, à l’exception des fonds négociés en bourse (FNB) qui sont autorisés. On doit investir dans des compagnies d’au moins 200 millions en devise locale du titre de capitalisation boursière (au moment de l’achat). Il faut retenir un maximum de 5 % du portefeuille dans les titres ayant une capitalisation boursière sous un milliard en devise locale du titre.

Des liquidités de 290 000 $

Comme plusieurs fonds, l’Alpha de l’Université Laval souffre de la tourmente boursière actuelle. L’an dernier, la valeur des liquidités se situait à 290 000 $. Avant la pandémie de la COVID-19, alors que les marchés boursiers étaient effervescents,  on l’estimait à 320 000 $. 

Actuellement, on calcule que la valeur moyenne des actions détenues est à 19 $, encore loin de 23 $, la plus haute valeur à battre, ajoute William Saint-Pierre.

D’autre part, les rendements des trois dernières années ne sont pas à dédaigner : 2019, 30,14 % ;  2020 : 15,55 % et 2021 : 16,33 %. On arrive donc à une moyenne des trois dernières années à 20,67%.  Pendant ce temps, le TSX revendiquait une performance moyenne de 18,50 % pour la même période. 

Toute cette activité financière est soigneusement encadrée par une structure assurant le bon fonctionnement du fonds. Il y a évidemment un conseil d’administration, un comité de direction et un conseil exécutif. Administrer des montants consentis par des étudiants au début de leur vie adulte commande une rigueur et une éthique à toute épreuve, suggèrent les deux interlocuteurs.

On se tient loin des entreprises baignant dans le pétrole, pour favoriser celles présentant un bilan écoresponsable et de développement durable reluisant. La cryptomonnaie ne fait pas partie des plans. On se tient loin du risque radioactif.

Seulement les étudiants de la FSA peuvent y contribuer. La mise minimum est de 100 $. Mais la moyenne tourne quand même autour de 3000 $. L’argent peut doit être retiré un an après la fin des études à Laval, fait remarquer David Bezeau, un étudiant en commerce. 

La possibilité d’ouvrir l’investissement à tous les étudiants de l’université de la capitale n’est pas une option retenue. Pourquoi? « Nous ne visons pas la croissance à tout prix. Ce fonds existe pour la formation des étudiants de la faculté. Il permet d’obtenir une expérience concrète du travail dans le monde de la finance », répond le jeune homme.

Volet événementiel

Et bien plus! Car il y a un volet événementiel et social au Fonds Alpha. On tient une trentaine d’événements ludiques et éducatifs par année, ajoute-t-il encore. Autant d’occasions de formation pour ceux qui doivent les organiser. 

Du lot, on s’enorgueillit du Challenge Fonds Alpha, un événement « unique en son genre au Québec ». La compétition de « stock pitch » réunit des étudiants universitaires provenant de partout en province. Les participants démontrent leurs capacités d’analyse de modélisation financière et de présentation. 

Cette compétition interuniversitaire se déroule habituellement l’automne. Elle se différencie des simulations boursières connues en attirant les universitaires ayant développé une expertise accrue en analyse financière. 

Comme quoi la relève est assurée.

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