Comment épargner jusqu’à 50% de votre revenu pour une retraite en mode FIRE

En avril, j’ai commencé à vous parler du mouvement FIRE, qui a le vent dans les voiles. Synonyme de liberté, l’indépendance financière ne désigne pas la richesse opulente, mais plutôt une santé (financière) de fer. Quel est le point de départ d’une bonne santé financière, avec ou sans feu ?

Les dépenses !

La pandémie aura donné une bonne leçon à un grand nombre de Canadiens en la matière : forcés de ne pas dépenser pour cause de fermeture de tout ce qui était le fun, ils ont épargné comme jamais, portant à leur taux d’épargne à 28 % en 2020.

Pourquoi est-ce important de toujours garder l’œil sur vos dépenses ?

Le nerf de la guerre : les dépenses

Couper les dépenses

Pour le mouvement FIRE, l’inflation du style de vie est LE piège à éviter pour bien contrôler ses dépenses. C’est quoi, l’inflation du style de vie ? On en veut toujours plus, on consomme plus au fur et à mesure que nos revenus grimpent. En augmentant constamment ses dépenses, on s’empêche de dégager la marge de manœuvre nécessaire pour atteindre un taux d’épargne intéressant. 

Aimeriez-vous économiser, rembourser des dettes et investir de 30 % à 70 % de votre revenu net ? 

Pour y parvenir, on pratique la déflation du style de vie : plus petite maison, colocataire, voiture moins coûteuse, réduction de la consommation dans tous les autres domaines, comme les restaurants et le divertissement. On devient plus frugal. Le principe est simple (en théorie) : on dépense moins que ce que l’on gagne. 

Ce n’est peut-être pas possible pour tous de réduire leur consommation dans toutes ces catégories, mais l’idée générale est de se préparer à le faire. D’abord, en dressant une liste de celles-ci, puis en bâtissant un plan qui dictera quoi couper et quand le faire. Si vous n’avez pas fini de payer vos nouveaux meubles, quand ce sera fait, vous aurez déjà décidé de ne pas les échanger contre du neuf.

On est tous un peu paresseux par moment, surtout face à une tâche ennuyante. On a tendance à faire un budget sur le coin d’une table, en 15 minutes, en estimant qu’on dépense 500 $ par mois en épicerie. Faites plutôt un bilan mensuel de toutes vos dépenses à l’aide de vos facture, relevés bancaires et de cartes de crédit. Le résultat sera beaucoup plus près de la réalité. Cette liste exhaustive et chiffrée sous les yeux, vous verrez où va votre argent et dans quelles catégories vous avez envie de mettre la hache. 

Budgéter versus analyser

Dans son tout récent bouquin sorti en 2021, Réjean Venne, ce Canadien retraité avant 30 ans, propose d’analyser vos dépenses au lieu de faire un budget. Pourquoi ?

  • Pour éviter les écueils du budget, comme la pression et le sentiment de culpabilité quand on s’impose une limite stricte et qu’on la dépasse.
  • Pour prendre des décisions stratégiques, parce qu’à partir d’un portrait global, on peut réfléchir à des changements de vie qui permettraient une répartition différente des dépenses.

Les exemples sont nombreux. Dans son cas, sa famille s’est départie d’une de ses deux voitures et a complètement éliminé les frais de garde des enfants, par exemple.

Voici quelques pistes pour optimiser certains postes de dépense clés :

  • Habitation : Envisagez la colocation, l’achat d’un duplex ou l’arbitrage géographique. Le prix et la localisation d’une habitation influencent les taxes annuelles, ainsi que les modes et le temps de transport, d’où l’importance d’analyser au lieu de budgéter. Quel sera l’impact d’un choix sur toutes les autres catégories ?
  • Transport : Pensez au partage d’une auto et au covoiturage, si vous n’en avez pas besoin tous les jours. Achetez-la usagée et payez comptant, si vous pouvez vous le permettre. Prenez le temps de magasiner vos assurances, même s’il faut souvent prévoir des heures d’attente et de questionnaire pénible au bout du fil. Pensez au modèle et à l’année de votre voiture en ayant en tête le coût des assurances et de l’essence.
  • Alimentation : Les jeunes adultes suscitent souvent l’ire populaire pour leur consommation excessive de lattes et de cafés fancy. Si vous êtes capable de vous en passer, votre budget vous en remerciera. Au-delà des clichés, il y a de nombreux avantages à faire le tour des rabais offerts par les épiceries et les marchés locaux. Cela dit, il faut tout de même vivre à un endroit où ceux-ci sont accessibles. Si le Costco est à une heure de chez vous, il y a lieu de se demander si vos achats en vaudront la peine.

Peu importe votre position par rapport à FIRE, ces questionnements sont intéressants pour quiconque souhaite avoir des finances en santé. Après, on peut toujours choisir de dépenser plus, consciemment.

La frugalité : est-ce pour vous ?

Accumuler un million de dollars, c’est difficile, surtout sur un salaire annuel brut de 50 000 $, comme une majorité de Québécois. Prenez votre revenu net de 2020 et calculez-en 50 % pour voir de combien vous devriez réduire vos dépenses. Ensuite, fixez-vous un objectif qui vous semble réaliste. Tant mieux si c’est 50 %, mais 30 %, c’est déjà excellent. 

La frugalité est peut-être la seule option du Canadien moyen, mais est-elle faite pour vous ? Limiter ses achats, respecter l’environnement, réutiliser, favoriser la simplicité, passer du temps avec ses enfants ou sur des projets qui nous tiennent à cœur, ça vous parle ? Les personnes frugales ont plus de chances de réussir FIRE très tôt dans la vie, pour la raison très simple qu’elles dépensent peu. Ou d’atteindre FIRE tout court, avouons-le.

La frugalité est pour vous si :

  • Vous n’avez pas de dépenses obligatoires impossibles à éliminer, par exemple en lien avec une question de santé pour vous-même ou vos proches ;
  • Vous sentez, dans vos tripes, un raz-le-bol de la consommation ;
  • Vous avez une source de motivation forte pour maintenir le cap pendant plusieurs années, comme passer plus de temps avec vos enfants ;
  • Vous avez une bonne capacité à trouver du plaisir dans les choses simples (mais ça, ça se travaille).

La frugalité n’équivaut pas nécessairement à être cheap. Il ne s’agit pas de systématiquement choisir l’option la moins coûteuse et de profiter des largesses des autres. Ça signifie surtout de ne pas dépenser pour des plaisirs fugaces et d’acheter dans un objectif de long terme.

Le mouvement FIRE est une source d’inspiration pour mettre de l’ordre dans nos finances personnelles. Et ça commence par un exercice cathartique : sortir la hache.


Maude Gauthier est journaliste pour Hardbacon. Depuis qu’elle a terminé son Ph.D. en communication à l’Université de Montréal, elle écrit sur la finance, les assurances et les cartes de crédit pour des entreprises comme les Fonds FMOQ et Code F. Utilisatrice responsable de cartes de crédit, elle peut passer des heures à lire les petits caractères pour bien comprendre leurs avantages. À cause de leur simplicité, elle a développé une préférence pour les cartes avec remises en argent. Après avoir subi des hausses salées avec son ancien assureur, elle peut maintenant affirmer fièrement avoir économisé des centaines de dollars en magasinant ses assurances auto et habitation. Dans ses temps libres, elle lit une multitude de romans et profite du streaming de quelques émissions populaires (et possiblement moins populaires, comme les documentaires animaliers).