J’adore les robots-conseillers canadiens. Je ne vais pas me pencher ici sur la raison pour laquelle leur stratégie, qui est d’investir dans des indices boursiers, est attrayante pour les investisseurs. Si vous n’êtes pas convaincu, allez lire Pourquoi les fonds communs peuvent vous rendre pauvre de Frédéric Baillargeon et revenez ici.

La beauté de la stratégie d’investissement des robots-conseillers est qu’elle est simple. Si simple que n’importe qui peut créer son propre robot-conseiller en quelques étapes faciles. Voici donc la recette à suivre.

1. Déterminez votre profil de risque

La première chose que vous devez faire, pour bâtir votre propre robot-conseiller, est d’évaluer votre profil de risque. En d’autres mots, de déterminer jusqu’à quel point vous êtes prêts à prendre des risques pour maximiser votre rendement potentiel. Ce n’est pas compliqué, mais avant de passer au prochain point, il faut faire la part des choses. Ce n’est pas parce que vous faites du parachute ou que vous mélangez le Red Bull à l’alcool (pas une bonne idée) que vous devriez investir dans un portefeuille risqué.

Votre profil de risque dépend essentiellement de deux choses. Premièrement, de votre capacité à garder la tête froide dans l’éventualité d’une baisse plus ou moins drastique de la valeur de vos investissements. Et deuxièmement, de votre horizon de placement. En d’autres mots, si vous investissez à très long terme (un jeune investissant pour sa retraite, par exemple) et que, comme Warren Buffett, vous ne vous souciez pas des cours boursiers (à la hausse comme à la baisse), un portefeuille risqué ou agressif est probablement le produit qu’il vous faut.

Pour établir votre profil de risque, vous pouvez aller sur les sites de robots-conseillers comme Wealthsimple. Vous trouverez la liste complète des robots-conseillers canadiens sur notre comparateur. Sans même ouvrir de compte, vous pouvez répondre à leur questionnaire en ligne, à la suite duquel ils vous dirigeront vers l’un de leurs portefeuilles. Notez le type de ce portefeuille. Est-ce un portefeuille conservateur, agressif, modéré? Si vous voulez avoir une meilleure idée des critères qui déterminent votre profil de risque, vous pouvez aussi remplir ce formulaire PDF de la BMO, puis déterminer vous-même votre profil de risque en calculant votre pointage. 

2. Choisissez un portefeuille de FNB sur le Web

Certes, vous pouvez vous improviser gestionnaire de portefeuille et bâtir votre portefeuille vous-même. Cela dit, il y a déjà plein de portefeuilles modèles disponibles sur Internet gratuitement, qui ont été bâtis par des professionnels.

Au Canada, l’une des sources les plus connues est Canadian Couch Potato, dont vous pouvez voir les portefeuilles modèles ici. Le nom du blogue est rigolo, mais son auteur est un gestionnaire de portefeuille respecté du nom de Dan Bortolotti, et ses portefeuilles ont l’avantage d’être très simples et à bas frais.

Dans le même genre, il y aussi les portefeuilles modèles de BlackRock, que j’aime pour les mêmes raisons que j’aime ceux de Canadian Couch Potato. C’est clair que BlackRock ne met que des FNB iShares (gérés par BlackRock) dans ses portefeuilles modèles, mais ce ne sont pas de mauvais FNB… Comme ceux de autres leaders des FNB au Canada comme Vanguard et BMO, leurs frais sont assez bas. 

Ensuite, libre à vous d’aller voir les portefeuilles des différents robots-conseillers canadiens et de les reproduire dans votre compte de courtage. Ce sont de bons portefeuilles, mais ils tendent à contenir un plus grand nombre de FNB, ce qui vous rendra la tâche plus difficile en tant qu’investisseur, et ce qui pourrait vous coûter plus d’argent en frais.

3. Mettez en place un plan d’investissement automatique

Jusqu’ici, vous en conviendrez, je ne vous ai pas révélé de secret extraordinaire. Après tout, vous savez probablement déjà que vous pouvez copier un portefeuille modèle dans votre compte de courtage. Ce que vous ne savez probablement pas, par contre, c’est que certains courtiers à escompte offrent des plans d’investissement automatique. Un tel plan vous permettra en quelque sorte de mettre vos investissements sur le pilote automatique, ce qui est l’un des principaux avantages des robots-conseillers.

La première option est tout particulièrement attrayante pour ceux qui n’ont pas beaucoup d’argent à investir. Il s’agit du programme Kick Start Investment de Virtual Brokers, qui a l’avantage d’être entièrement gratuit si vous êtes aux étudiants ou avez été diplômé il y a moins de deux ans. Pour les autres, le programme coûte 50$ par année, ce qui n’est quand même pas si cher.

En gros, le programme de Virtual Brokers permet à quiconque de bâtir un portefeuille composé de cinq titres, et de mettre sur pied un plan d’investissement automatique d’un minimum de 100$ par mois.

Chaque mois, un montant prédéterminé est prélevé du compte de banque de l’utilisateur et ses titres sont rachetés dans une même proportion automatiquement, et ce, sans frais. Le programme permet autant d’acheter des actions que des FNB, mais la limite de 5 titres rend l’investissement en actions moins intéressant, puisque cinq titres ne sont pas assez pour se diversifier suffisamment. Cela dit, ce programme est suffisant pour mettre un portefeuille modèle Canadian Potato Couch (3 titres) ou BlackRock (5 titres) sur le pilote automatique.

La seconde option, ShareOwner, permet de faire la même chose avec un portefeuille de toute taille, mais ses frais sont un peu plus élevés. Il n’y a pas de limitation comme telle au niveau du nombre de titres dans un portefeuille, mais le nombre de titres qu’on peut acheter par l’entremise de ce courtier est limité à une sélection d’environ 400 actions et 50 FNB (canadiens et américains).

Contrairement aux autres courtiers, qui facturent des frais pour chaque titre acheté ou vendu, ShareOwner permet d’acheter un panier de titres pour un frais fixe de 40$. C’est donc plus cher que Virtual Brokers, mais les investisseurs n’ont pas besoin de planifier leurs investissements sur une base mensuelle. Ils peuvent le faire sur une base trimestrielle pour minimiser leurs frais. De plus, ShareOwner offre un service de réinvestissement automatique des dividendes.

Si vous avez envie de prendre les choses en main, toutefois, vous ne devriez pas vous limiter à choisir entre Virtual Brokers et ShareOwner. Il est possible d’investir dans des FNB avec n’importe quel courtier, alors, allez sur notre comparateur de courtiers à escompte et choisissez celui qui vous convient le mieux.

4. Faites vos rééquilibrages tous les six mois

Malheureusement, aucun courtier canadien, du moins à ma connaissance, n’offre encore un service de rééquilibrage automatique. Il me semble que ça devrait être offert, mais en attendant, vous allez devoir le faire vous-mêmes. Il n’y a pas de règles fixées dans le béton quant à la fréquence à laquelle un investisseur devrait rééquilibrer son portefeuille. Cela dit, comme j’assume que vous êtes occupés, le faire aux six mois devrait être amplement suffisant, surtout si vous limitez à investir dans des FNB indiciels comme les robots-conseillers.

Si vous ne savez pas pourquoi vous devriez rééquilibrer votre portefeuille, sachez que c’est très simple. Essentiellement, il s’agit d’un travail essentiel pour s’assurer qu’on maintient un portefeuille similaire malgré les variations du marché.

Ce n’est toujours pas clair? Je vais vous donner un exemple. Tenons pour acquis que, ne voulant pas vous compliquer la vie, vous avez décidé de reproduire dans votre compte le portefeuille agressif de Canadian Couch Potato. Lorsque vous avez commencé à investir, voici à quoi ressemblait votre portefeuille :

10% Vanguard Canadian Aggregate Bond Index ETF (VAB)
30% Vanguard FTSE Canada All Cap Index ETF (VCN)
60%  Vanguard FTSE All-World ex Canada Index ETF (VXC)

Trois ans plus tard, l’économie canadienne a fait du surplace, mais le fonds mondial de Vanguard (VXC) a très bien performé grâce à l’économie américaine et aux marchés émergents, si bien que vous vous retrouvez avec la répartition suivante dans votre compte de courtage:

6% Vanguard Canadian Aggregate Bond Index ETF (VAB)
21% Vanguard FTSE Canada All Cap Index ETF (VCN)
73%  Vanguard FTSE All-World ex Canada Index ETF (VXC)

Rééquilibrer votre portefeuille, dans ce cas, reviendrait à vendre des titres de VXC pour ramener sa proportion, par rapport à la valeur totale de portefeuille à 60%, et acheter du VAB et du VCN pour revenir à leur ancienne proportion.

Ce n’est pas sorcier. Et si vous êtes comme moi, et que vous avez une courte mémoire, allez sur le site futureme.org, un site Web qui permet d’envoyer des courriels dans le futur, et envoyez-vous des courriels prévus pour tous les six mois durant la prochaine décennie (ou plus, si vous êtes patient). Votre courriel devrait préciser que c’est le temps d’effectuer un rééquilibrage de votre portefeuille, tout en précisant la répartition d’actif initiale. De cette manière, votre moi actuel peut rappeler votre moi du futur à l’ordre…

5. Oubliez votre argent placé en Bourse

 

Cette étape est sans contredit la plus importante, et elle s’applique d’ailleurs autant à l’investisseur qui bâtit son propre robot-conseiller qu’à celui qui place son argent chez un véritable robot-conseiller. Si vous passez votre temps à consulter l’app de votre maison de courtage pour voir combien de rendement votre portefeuille a fait, vous êtes probablement votre pire ennemi sans le savoir. En effet, si vous avez l’impression qu’on vous arrache une dent chaque fois que votre portefeuille perd un demi pourcent, vous allez finir par craquer et prendre une décision irrationnelle.

La beauté, de mettre ses investissements sur le pilote automatique, est qu’on peut les oublier. Et si on les oublie, perdre un demi pourcent ne devrait pas faire mal. C’est d’autant plus important d’oublier son argent placé en Bourse qu’un des risques les plus importants, pour les petits investisseurs, est de paniquer en cas de crise et de retirer son argent des actions au moment où leur prix atteint un creux.

Ce n’est pas difficile ces temps-ci, car le marché a été relativement clément au courant des dernières années. Cela dit, parlez-en aux investisseurs qui ont succombé à la panique en 2008. Ces investisseurs ne pourront probablement jamais compenser pour la perte qu’ils ont subie en 2008. Ceux qui ont laissé leur argent en paix durant la crise, pour leur part, sont pour la plupart revenus dans le vert depuis longtemps. Si finalement, vous désirez investir via un robot-conseiller, n’hésitez pas à utiliser ce comparateur pour vous aider à choisir. Pour savoir comment choisir un robot-conseiller, consultez cet article.

 

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